Pédagogie

Programme au cycle terminal, enseignement facultatif toutes séries

Bulletin officiel spécial n°9 du 30 septembre 2010

Définition et objectifs

L’enseignement facultatif du théâtre en cycle terminal poursuit l’approche du théâtre dans la diversité de ses formes, de ses modes de création et de diffusion. Il se caractérise par une pédagogie à dominante pratique et collective.L’enseignement du théâtre accorde en effet une place particulière au travail du groupe : les intuitions individuelles et les imaginaires singuliers doivent entrer en relation les uns avec les autres et s’articuler dans un ensemble artistique cohérent sous le regard de spectateurs réels ou potentiels. Ainsi la mise en jeu, nourrie des propositions de chacun, est-elle sans cesse mise à l’épreuve du groupe, de sa participation ou de son regard. À mesure qu’il avance dans sa pratique scénique, l’élève est progressivement initié à une autonomie dans le jeu et est incité à faire des propositions.

La mise en œuvre de cet enseignement est assurée par une équipe composée d’un enseignant aux compétences reconnues en théâtre et d’un artiste soucieux de la transmission de son art, en liaison avec des institutions culturelles : théâtres nationaux, centres dramatiques nationaux, scènes nationales, scènes conventionnées, théâtres municipaux, compagnies, conservatoires, associations habilitées. En classe de première, l’engagement dans le jeu, la connaissance des constituants de la mise en scène et l’acquisition d’une culture sont privilégiés. En classe terminale, l’élève parvient à une plus grande autonomie, dans sa pratique théâtrale comme dans son analyse des réalisations du groupe et des spectacles vus.

Programme

Compétences de référence pour l’ensemble du cycle terminal

Tout au long du cycle terminal, l’élève développe des compétences d’ordre artistique, culturel, technique et méthodologique. En réalité imbriquées, ces compétences sont distribuées ci-dessous en catégories distinctes par souci de clarté et d’efficacité.

Compétences artistiques et culturelles L’élève est capable :

– de réagir à de nouvelles consignes de travail ;

– de s’engager dans le jeu au sein d’une réalisation collective et de définir ses partis pris ;

– de proposer sur le plateau une interprétation personnelle d’une scène ou d’une situation par le jeu, par l’organisation de l’espace et l’utilisation d’accessoires, par le recours à d’autres arts ou techniques (lumière, musique, son, masques, marionnettes, etc. ;

– de mettre en relation ses connaissances théâtrales et sa créativité au service d’une situation dramatique ;

– de repérer les composantes de l’écriture scénique ;

– de déchiffrer, dans les spectacles vus, un parti pris, de le situer, d’en comprendre les enjeux, les fondements ;

– de situer son travail dans son contexte historique et esthétique ; 

– de verbaliser ses émotions esthétiques et d’exprimer un jugement personnel argumenté.

Compétences techniques et méthodologiques L’élève est capable :

– de lire et dire un texte ;

– d’utiliser les diverses possibilités de l’espace de jeu ;

– d’écouter ses partenaires ;

– d’être précis dans sa gestuelle et ses déplacements ;

– de figurer un personnage ;

– d’interpréter un texte face à un public.

– de proposer une analyse orale ou écrite des spectacles qu’il a vus ;

– de mener une recherche documentaire et pour cela de fréquenter les lieux ressources, en particulier à l’aide des technologies de l’information et de la communication (Tic) ;

– de proposer un dossier clair et élaboré dans sa présentation.

Évaluation des acquis des élèves

S’appuyant sur les compétences de référence présentées ci-dessus, l’équipe partenariale évalue régulièrement les acquis et la progression des élèves. L’analyse du travail de plateau et des spectacles vus comme la restitution des recherches personnelles donnent lieu à des travaux écrits et oraux. L’évaluation peut porter également sur d’autres types de réalisations, comme des maquettes, des ébauches d’affiches ou des notes d’intention.Cette évaluation tient compte des points suivants :

– l’engagement de l’élève dans le travail ;

– sa créativité ;

– sa progression dans la maîtrise des techniques ;

– ses acquis culturels ;

– sa capacité à proposer des interprétations, à les construire et à les réfléchir.

Contenus

Classe de première

Deux volets complémentaires organisent ce programme en classe de première : une composante pratique et une composante culturelle.

Composante pratique

Dans sa dimension pratique, le travail théâtral favorise la créativité de l’élève : fondé sur le plaisir du jeu, il mobilise le corps, la sensibilité, l’imagination et la réflexion, afin de permettre l’émergence du sens dans toute sa richesse et dans des directions parfois inattendues. Toujours destiné à une rencontre avec un public, réel ou potentiel, le travail théâtral est un apprentissage de la rigueur et de la clarté. Il demande la maîtrise de la voix, du geste, du corps. Enfin, la confrontation des points de vue, le double regard de l’artiste et du professeur, les allers-retours du texte au plateau, permettent à l’élève d’expérimenter ce que peut être un processus de recherche et de création artistique.

Le travail pratique consiste à explorer comment les différentes composantes du théâtre produisent du sens, notamment par le travail sur l’espace et le jeu :

– l’espace : l’élève apprend à se familiariser avec le plateau et à utiliser l’espace comme un élément de sa relation au partenaire, au spectateur, au texte, au sens ;

– le jeu : l’élève est amené à comprendre et à ressentir que l’art théâtral est un art vivant, toujours réactif, puisque la création au théâtre s’élabore en relation avec d’autres personnes, présentes physiquement, qu’il s’agisse des partenaires ou du public.

Progressivement, l’élève apprend à explorer et à exploiter ses propres possibilités de création ; il apprend à créer et non à reproduire. Il apprend surtout que l’art du théâtre consiste plus à recréer qu’à imiter.

L’expérimentation sur le plateau et l’analyse de ce travail prennent appui sur différentes pratiques comme des exercices silencieux, le travail de choeur, l’improvisation à partir de quelques mots ou répliques, le travail d’une même scène par des groupes différents ou le travail autonome en petits groupes sur de courtes scènes du répertoire classique ou contemporain. Les élèves apprennent ainsi à lire et à dire un texte devant un public, à approcher un personnage, à élaborer des interprétations personnelles, à s’engager dans un travail collectif.

Composante culturelle

Elle est constituée de deux dimensions complémentaires : la fréquentation de spectacles et l’exploration du champ culturel :

– la fréquentation des spectacles : l’élève élargit sa culture théâtrale et approfondit sa pratique de spectateur ; il rencontre les équipes artistiques de ces spectacles et, en retour, réfléchit sur sa propre pratique. La classe voit au minimum trois spectacles dans l’année.

– l’acquisition d’une culture : les spectacles vus, le travail pratique du groupe, les apports du professeur et de l’artiste contribuent à l’acquisition d’une culture théâtrale ; l’élève apprend à situer les œuvres dans leur contexte historique et esthétique, à mener une réflexion critique, à identifier différents mouvements artistiques et différents gestes de mises en scène, notamment par les codes et les conventions qui les caractérisent.

Classe terminale

Dans le cadre de l’option facultative, en classe terminale, cet enseignement continue l’approche du théâtre dans la diversité de ses formes, de ses modes de création et de diffusion. Il se caractérise par une pédagogie à dominante pratique et collective.On privilégie l’approfondissement et le réinvestissement des acquis dans un travail de création, et la réflexion personnelle de l’élève sur sa pratique d’acteur et de spectateur.

Cet enseignement comporte trois aspects fondamentaux que l’on s’efforce de maintenir en étroite relation : la pratique artistique, l’école du spectateur, la composante historique, esthétique et culturelle.

La pratique artistique

L’accent est mis sur l’autonomie de l’élève, son esprit d’initiative, son sens des responsabilités et sa capacité à analyser les choix qu’il opère. L’organisation de l’enseignement est confiée à l’équipe constituée du professeur et de l’artiste partenaire, qui prend en compte le travail élaboré les années précédentes, ainsi que les spécificités du partenariat, la programmation locale et les liens qui peuvent être établis avec les autres disciplines.Si l’enseignement privilégie le travail sur le texte théâtral (classique et contemporain, français ou étranger), il n’exclut aucun des domaines relevant du spectacle vivant(masque, marionnette, théâtre de rue, cirque, etc.). Le travail théâtral favorise la créativité de l’élève : en classe de première, ce travail, fondé sur le plaisir du jeu, lui a appris à mobiliser son corps, sa sensibilité, son imagination. L’élève a découvert et maîtrisé certaines possibilités de sa gestuelle personnelle et des registres de sa voix ; il les utilise désormais au service de la dramaturgie; il a plus clairement conscience de ses choix ; il les affine et les explore avec rigueur. Sous le triple regard de l’artiste, du professeur et du groupe, l’élève met ses possibilités personnelles à l’épreuve du texte. Par des va-et-vient entre le texte et le plateau, et grâce à la confrontation des points de vue, il comprend et expérimente ce qu’est un processus de recherche et de création. En classe terminale, l’articulation entre l’analyse du texte et la pratique du plateau est plus fine et plus précise.Pour découvrir des significations nouvelles, l’élève prend appui sur les réactions gestuelles spontanées que le texte lui suggère et sur le jeu qu’il invente avec ses partenaires de plateau. En retour, il vérifie ses analyses du texte par le jeu et les met à l’épreuve du plateau.

Cette appropriation du texte par la pratique prend des formes variées : travaux d’écriture, d’adaptation, création de maquettes, réalisation de costumes, de bande-son, de musique, d’éclairage, d’affiches. On peut également explorer les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour nourrir le processus de création.

Le travail du groupe peut aboutir à une présentation devant un public : on peut ainsi présenter le travail en chantier ou divers moments de théâtre.

L’école du spectateur

La pratique de spectateur étant indispensable, il est souhaitable que l’élève assiste au plus grand nombre possible de spectacles dans l’année, en fonction des ressources locales. La culture théâtrale qu’il acquiert grâce à ce qu’il voit sur scène nourrit son imaginaire et lui permet d’inventer à son tour des situations de jeu qui éclairent le texte qu’il travaille avec le groupe. L’analyse des spectacles vus porte à la fois sur le contexte historique, social, culturel de la pièce, sur son écriture et sur les choix effectués pour la mise en scène. On s’interroge sur les codes de jeu, sur l’esthétique retenue ou encore, par exemple, sur la façon dont le metteur en scène utilise ou non les repères historiques qui jalonnent la pièce.

Autant que possible, le professeur favorise les relations entre l’école et les lieux de vie artistique et culturelle : il organise desrencontres avec les professionnels ; il prend appui sur les ressources offertes par l’environnement (théâtres, musées, médiathèques, etc.) et les événements culturels locaux (festivals, expositions).

De plus en plus autonome, l’élève rend compte de ces spectacles et de ces manifestations culturelles par des travaux divers : articles critiques, exposés, mais aussi montages iconographiques, photographiques, maquettes, images obtenues à l’aide des nouvelles technologies.

La composante historique, esthétique et culturelle

La culture théâtrale de l’élève se construit à partir de l’exploration des textes choisis pour la pratique de plateau et de l’exploitation des spectacles vus. L’enseignement s’attache plus spécialement à l’exploration de la langue comme matériau poétique. On pourra ainsi s’intéresser au travail de metteurs en scène qui mettent la langue au coeur de leur recherche. Ces artistes montrent l’importance non seulement de la situation mais aussi des résonances d’ordre poétique qui peuvent aller jusqu’à jouer contre l’effet dramatique direct. L’élève approfondit et élargit sa culture ; il développe sa sensibilité artistique. Il perçoit plus clairement et plus finement les composantes essentielles de l’acte théâtral : écriture, choix scénographiques et dramaturgiques. Il apprend à se situer dans un univers artistique qui sollicite la pluralité des arts.

Pour rendre compte de sa réflexion, fondée sur sa pratique artistique, sur les spectacles auxquels il a assisté et sur ses acquis culturels, l’élève élabore un dossier personnel de cinq à quinze pages. Ainsi, il peut privilégier un axe de travail qui concourt au projet collectif. Par exemple, il met au point la bande son, conçoit une scénographie, un univers musical, des maquillages, des costumes, des propositions d’écriture. Ce faisant, il montre en quoi ce travail concourt à l’efficacité théâtrale. Il rend compte également, avec une attention particulière, d’un spectacle vu en suivant sa création, en réalisant des interviews d’artistes et d’autres professionnels.

Programme de l’enseignement facultatif en seconde

Encart Bulletin officiel spécial n° 4 du 29 avril 2010

Définition et objectifs

En classe de seconde, l’enseignement de « Théâtre » propose une initiation à l’art théâtral, à la spécificité de ses formes, à la variété de ses modes de création, et à l’intérêt de son histoire. Á l’élève qui connait déjà le théâtre par les textes étudiés au collège en classe de Lettres, cet enseignement permet de découvrir plus spécifiquement la dimension dramaturgique du théâtre ; il lui donne l’occasion d’acquérir des techniques de jeu et une pratique de plateau. L’enrichissement d’une culture théâtrale prend appui sur la découverte de pièces, de dramaturges, de metteurs en scène, en lien constant avec une fréquentation très régulière de spectacles. Ainsi, les œuvres abordées selon une approche résolument dramaturgique, soit par la pratique du plateau, soit dans le cadre d’une école du spectateur, nourrissent la réflexion des élèves et contribuent à les aider à mieux interroger le monde et le comprendre. En raison de la diversité de ces objectifs, la mise en œuvre de cet enseignement est assurée par une équipe composée d’un enseignant aux compétences reconnues en théâtre et d’un artiste professionnel engagé dans un travail de création et soucieux de la transmission de son art, en liaison avec des institutions culturelles : théâtres nationaux, centres dramatiques nationaux, scènes nationales, scènes conventionnées, théâtres municipaux, compagnies, conservatoires, associations habilitées. Lorsque cela est possible, l’équipe associe plusieurs enseignants de diverses disciplines et plusieurs artistes.

En seconde, on privilégiera l’appréhension de l’espace scénique et théâtral, le déchiffrage des codes de la représentation, le développement de l’imaginaire et on commencera à repérer des moments importants de l’histoire du théâtre occidental. En première, pour l’enseignement obligatoire, on s’attachera plus particulièrement à développer l’autonomie et l’engagement de l’élève, ainsi que l’étude de textes fondateurs. En terminale, prenant appui sur un programme limitatif, l’enseignement visera une compréhension approfondie des processus de création et de représentation. Pour l’enseignement facultatif, on privilégiera en première le plaisir du jeu et les exigences de la mise en scène, et, en terminale, l’approche de la construction d’un spectacle.

Programme

Le programme associe trois composantes fondamentales : la pratique, l’école du spectateur, l’approche culturelle et historique.

Pratiquer le théâtre

La pratique des élèves se construit sur le plateau, de façon individuelle et collective (on entend par plateau tout espace de jeu). Cette pratique se fonde sur le libre choix par l’équipe pédagogique des thèmes et des textes envisagés comme supports de travail. Dans sa dimension pratique, l’enseignement repose à la fois sur le plaisir et la rigueur du jeu. Il mobilise avant tout le corps et la voix, outils premiers du comédien. Il sollicite la créativité de l’élève qui prend appui sur sa réflexion, sa sensibilité et son imagination pour répondre à une situation donnée et pour inventer diverses manières de dire un texte. La mise en œuvre est nourrie de propositions individuelles sans cesse mises à l’épreuve par le groupe. Le double regard de l’enseignant et de l’artiste, la confrontation des points de vue, les allers-retours du texte au plateau permettent à l’élève de comprendre ce qu’est un processus de création.

La pratique artistique est fondée sur l’approche des différents éléments de la théâtralité. Confronté à la scène, mis en situation de recherche, l’élève comprend progressivement ce qu’est la dramaturgie et comment se développe un processus de création. On aborde ainsi : l’espace, le jeu, le texte.

L’espace

L’élève apprend peu à peu à se situer dans l’espace de jeu par rapport à ses partenaires et à comprendre, en les expérimentant, les ressources qu’offre l’utilisation maîtrisée du plateau. Il est capable de proposer un espace, un dispositif scénique à partir d’un texte ou de toute autre forme travaillée. Il apprend aussi à se repérer dans les divers dispositifs scéniques. La relation entre l’espace de jeu et l’espace des spectateurs peut prendre, en effet, des aspects très divers, frontale dans le cas du théâtre à l’italienne, bi-frontale, ou plus complexe.

Le jeu

L’élève expérimente, sans que ce travail se réduise à des exercices techniques, quelques unes des ressources dont dispose le comédien pour représenter une situation et raconter une histoire : la voix, le regard, le corps et le mouvement, l’imaginaire et la pensée. Il apprend à faire des propositions de jeu, pour lui ou pour les autres ; il prend conscience que jouer consiste aussi à jouer ce que le texte ne dit pas.

La voix: l’élève apprend à placer sa voix de façon à être audible – et intelligible – pour le public : il prend conscience de sa respiration, utilise son souffle, travaille sur le rythme, le registre, la hauteur, la durée, le timbre de la voix. Il maîtrise progressivement ses adresses, tant à ses divers partenaires qu’au public, en fonction de codes ou d’intentions de jeu.

Le regard : cette composante du jeu de l’acteur permet de créer un espace, d’établir une relation avec les partenaires et avec le public ; le regard traduit des intentions de jeu.

Le corps et le mouvement : l’élève prend conscience de la présence de son corps sur le plateau, de l’énergie qu’il doit mobiliser. Il apprend à utiliser ses possibilités physiques pour proposer une gestuelle, une situation, un état, ou dessiner une figure, un personnage.

L’imaginaire et la pensée : l’élève fait appel à son imaginaire et à sa réflexion pour enrichir ses propositions de jeu. La confrontation de l’intuition de l’élève avec la réaction de l’enseignant, de l’artiste et de la classe contribue à l’élaboration d’une approche personnelle du jeu théâtral.

Le texte

L’élève mise en espace. Il travaille la diction en abordant le texte comme une partition ; il découvre ainsi diverses interprétations. Il peut également improviser à partir de canevas, de thèmes, de situations, de consignes ou de rythmes. Il construit alors un événement théâtral, aussi modeste soit-il ; il le développe et le conclut.

L’école du spectateur

Apprendre aux élèves à être des spectateurs de théâtre et d’autres arts vivants est une composante essentielle de cet enseignement tout au long du cursus. Dès la classe de seconde, on les rendra attentifs à différentes esthétiques en les sensibilisant à des choix significatifs de mise en scène.

Cette pratique régulière amènera les élèves à réfléchir à leur attitude de spectateur et à l’enrichir. Progressivement, ils deviendront des spectateurs exigeants, conscients et actifs, dont le plaisir esthétique sera ainsi accru.

Certaines questions soulevées par le travail de plateau mené en classe peuvent trouver une amorce de réponse dans l’analyse simple de quelques éléments de la représentation (scénographie, lumière, musique, objets). L’analyse des spectacles donne lieu à des travaux écrits et oraux. Elle peut prendre éventuellement d’autres formes : maquettes, croquis, ébauches d’affiches, notes d’intention, rédactions de programmes.

Parce que la fréquentation des spectacles et les rencontres avec les équipes de création (écrivain, metteur en scène, comédiens, scénographes) apportent les premiers éléments d’une culture théâtrale, il convient que les élèves assistent, en fonction des ressources locales, à plusieurs représentations au cours de l’année. Ces sorties sont préparées et éventuellement complétées par le recours à d’autres documents (vidéos, diapositives, iconographie, internet) qui permettent de comprendre les mécanismes mis en œuvre par toute représentation théâtrale.

La composante culturelle et historique

Dans sa dimension culturelle et historique, l’enseignement forme le goût et l’esprit critique de l’élève, en le confrontant à des pratiques et à des œuvres aussi diverses que possible (œuvres françaises et étrangères du répertoire classique et moderne, textes contemporains). L’élève apprend à identifier et à situer dans l’histoire du théâtre quelques unes des formes dramatiques et scéniques de l’Antiquité au XXIe siècle. Il découvre également le lien entre le théâtre et les autres arts, grâce à des spectacles de danse, de marionnettes, de cirque ou d’opéra. Á partir du travail de plateau et de la fréquentation des spectacles, trois axes structurent l’approche culturelle : le texte, l’équipe artistique, le lieu théâtral.

Le texte

Qu’il soit théâtral ou non, le texte est l’élément essentiel qui stimule l’imaginaire et la réflexion du comédien, du metteur en scène, du lecteur. À partir des textes travaillés sur le plateau et des spectacles vus, l’élève affine son interprétation des œuvres. Il commence à repérer les grandes périodes de l’histoire du théâtre et à s’y référer : théâtre antique, théâtre élisabéthain, commedia dell’arte, théâtre classique, théâtre moderne, théâtre contemporain.

L’équipe artistique

Chaque membre d’une équipe artistique (metteur en scène, scénographe, comédiens, créateurs de costumes, lumières, sons) contribue au processus de création, à la constitution de son esthétique et à l’émergence du sens de la représentation. En rencontrant une équipe artistique, l’élève découvre les différents métiers du théâtre et diverses démarches artistiques.

Le lieu théâtral

L’élève apprend à connaître différents lieux de théâtre et leur histoire : édifices théâtraux, espaces à ciel ouvert, bâtiments désaffectés par exemple.

Évaluation des acquis des élèves

L’évaluation porte sur des travaux personnels et collectifs. On évalue, par exemple, des travaux écrits ou oraux – des analyses argumentées de spectacles – le jeu de l’élève, sa collaboration au processus de création entrepris sur le plateau. Le carnet de bord, dans lequel l’élève reporte les indications de jeu, des synthèses sur le travail en cours et diverses remarques personnelles, sera également pris en compte.

Cette évaluation, qui doit prendre des formes variées, est régulière. Le professeur et l’artiste partenaire évaluent les acquis et la progression des élèves, au cours des séquences, à la fin des différentes périodes d’enseignement, à la fin de l’année. Cette évaluation régulière prendra appui sur l’ensemble des compétences relatives à la pratique théâtrale et sur les compétences développées par l’acquisition d’une culture théâtrale. Qu’il s’agisse de travaux personnels ou collectifs, on veillera à expliciter les critères retenus et à répartir les exigences dans le cadre d’une progression annuelle. Progressive, cette évaluation constitue un véritable accompagnement de l’élève et une aide à la réflexion sur ses choix d’orientation ; fondée sur des critères explicites, elle est en accord avec les exigences et la rigueur de la formation dispensée, tout en associant l’élève aux divers bilans.

 

note de service du Bulletin Officiel du 6 mars 2012 concernant l’épreuve d’option facultative théâtre au baccalauréat :

 

Épreuve facultative, toutes séries générales et technologiques

note de service n° 2012-038 du 6-3-2012

Épreuve orale

Durée : 30 minutes

Première partie : 15 minutes maximum

Seconde partie : le temps restant

L'épreuve orale est organisée en deux parties : un travail théâtral sur plateau et un entretien.

L'entretien prend appui sur le dossier du candidat (cinq à quinze pages annexes comprises) introduit par une fiche pédagogique, commune à tous les élèves de la classe, rédigée par le professeur et signée par le chef d'établissement. Cette fiche présente les questions abordées dans le cadre du programme ainsi que la démarche suivie au cours de l'année scolaire. Elle énumère les diverses activités de l'année : pratique théâtrale, spectacles vus et étudiés, rencontre de professionnels, etc. Un modèle de fiche pédagogique est placé en annexe 5 de la présente note de service.

Le dossier est élaboré et rédigé par le candidat et comprend :

- son travail personnel dans le cadre du projet collectif de la classe ;

- son parcours de spectateur ;

- un choix de travaux élaborés pendant l'année scolaire. Il est attendu du candidat qu'il présente un point de vue réflexif et critique sur chacun des éléments du dossier précités. Le dossier informe les examinateurs sur le travail du candidat et constitue un support indispensable à l'entretien. Il est exigible et fait l'objet d'une évaluation. Au moins huit jours avant l'épreuve, le dossier est mis à la disposition du jury qui l'évalue durant cette période.

Première partie : travail théâtral

En rapport avec le projet mis en œuvre au sein de l'enseignement facultatif théâtre au lycée, le candidat présente au jury un travail théâtral sur plateau. Celui-ci peut être individuel ou collectif. Dans ce dernier cas, chaque candidat est évalué individuellement. Le jury peut faire retravailler le candidat immédiatement après sa prestation et, en vue d'enrichir le travail présenté initialement, lui proposer plusieurs exercices à réaliser. Cette reprise de jeu fournit les éléments d'un dialogue avec le candidat et permet de mesurer sa capacité à analyser sa pratique. Sur proposition du candidat, il est possible que le travail théâtral prenne la forme non pas d'une interprétation scénique mais d'une proposition personnelle contribuant à un projet de mise en scène (maquette, esquisse de scénographie, costumes, etc.). Cette présentation devra être en rapport avec le projet collectif de l'année de terminale.

Seconde partie : entretien

Après un bref exposé n'excédant pas cinq minutes au cours desquelles le candidat présente son dossier et explicite ses choix et son engagement dans les diverses activités de l'année, le jury conduit un entretien portant sur les différents éléments du dossier et la présentation qu'en a faite le candidat. À cette occasion, il interroge plus précisément le candidat sur l'un des éléments que le jury aura choisi d'approfondir.

Critères d'évaluation et notation

L'épreuve est notée sur vingt points répartis comme suit :

- 10 points pour le travail théâtral ;

- 4 points pour le dossier ;

- 6 points pour l'entretien.

Composition du jury

Les candidats sont évalués conjointement par un professeur ayant eu en charge un enseignement de théâtre en classe de terminale et par un partenaire professionnel qui est intervenu régulièrement dans l'enseignement du théâtre en lycée. Toutefois, si le partenaire est dans l'impossibilité de participer à l'évaluation, le jury peut délibérer valablement.