L’atelier théâtre 2019-2020 des Corybantes : cette année, c’est le mardi !

La troupe des Corybantes vous souhaite à tous une bonne rentrée !

L’atelier théâtre du lycée aura lieu cette année le MARDI de 18h à 20h en salle C-théâtre. Il est ouvert à tous de la 4ème à la première. 1er cours : mardi 24 septembre à 18h (et non le 17 comme annoncé initialement, pour cause de réunion parents-PP). Spectacle prévu en mai.

A bientôt sur les planches…

informations : david.jauzion@lyceefrancais.be

 

MYTHOTHEATRE

PIECE RADIOPHONIQUE SUR LA MYTHOLOGIE GRECQUE

Oedipe, Antigone, Ulysse, Prométhée… Retrouvez les destins terribles des personnages mythologiques, joués et « incarnés au micro » par les élèves de seconde de l’option théâtre.

Oedipe, Antigone, Ulysse, Prométhée… qu’est-ce que les destins à la fois singuliers et universels de ces figures mythologiques nous racontent aujourd’hui ? Les élèves de seconde option théâtre ont travaillé trois mois sur des scènes issues des textes antiques (Eschyle, Sophocle), ou de leurs réécritures du XXème siècle (Cocteau, Anouilh, Giraudoux), pour pratiquer le conflit, le choeur, et éprouver la confrontation du personnage avec les dieux et le destin. Ecoutez leur travail radiophonique inspiré de cette forme scénique, jouée en avril, mai et juin dernier.

« Il y a tragédie toutes les fois que l’impossible au nécessaire se joint » (Jankélévitch).

ECOUTER LA PIECE :

A télécharger sur le site du lycée, onglet “Webradio” (clic droit puis “enregistrer sous”), et à écouter sans relâche à l’ombre du parasol ou sur l’autoroute des vacances !

L’ImprOmptU : chronique de mise en scène #4

A comme Anamorphose… A l’évidence, “l’Impromptu de Versailles” ne peut se monter comme n’importe quelle autre pièce de Molière. Il semble peu efficace de respecter tout ce qui est écrit, d’y chercher les ressorts habituels de l’action comique. Ce serait un peu comme de rejouer un solo de jazz de Miles Davis ou de Coltrane, après l’avoir scrupuleusement noté et analysé. On peut se souvenir de la dernière mise en scène de la pièce à la Comédie française : c’était par Jean-Luc Boutté, en 1993, et la pièce était donnée en deuxième partie avec les Précieuses. On se souvient de l’avoir vue, mais on ne se souvient pas d’y avoir vibré : autour d’un plateau vide, les comédiens en costumes d’époque jouaient avec conviction les conflits de la troupe et les fausses surprises. Et rien ne se passait. Et l’on se disait même : les Précieuses auraient suffi, pourquoi allonger la soirée d’un tel pensum intellectuel et laborieux, pourquoi vouloir toujours que les spectateurs du Français en aient pour leur argent ? Pourtant, avec l’Impromptu, Molière invente une structure d’une modernité extraordinaire, qui explore la piste ouverte par Corneille dans l’Illusion comique (1635), et qui annonce surtout le grand Pirandello et notamment ses “6 personnages en quête d’auteur” (1921) : la pièce qui met en scène sa propre déroute, sa propre quête, et qui se retourne à la fin comme un gant sur le spectateur, captivé tout du long par le double discours. Ceci est une pièce, ceci n’est pas une pièce. Magritte, Truffaut (la Nuit américaine) et même “Inception” ne sont pas loin. L’Impromptu, c’est l’oeil de Molière qui se regarde lui-même, c’est le concentré de toute son oeuvre, passée, présente et à venir (comme nous le verrons dans une prochaine chronique). Comme ces anamorphoses, qui étaient à la mode dans la peinture de la Renaissance : sous un certain angle, tout le théâtre est contenu dans le tableau.

L’ImprOmptU : chronique de mise en scène #3

“Sous les yeux, sous la main…” c’est le sens de la locution latine in promptu qui a donné ce mot bien difficile à prononcer, “impromptu”, d’un verbe (promere) qui veut dire manifester, produire. De là, jouer à l’impromptu, qui à l’époque de Molière veut dire tout simplement improviser. De là encore, ce mot en est venu à désigner de petites pièces écrites sans grande préparation, ou avec une apparence d’impréparation (voyez Giraudoux et son “Impromptu de l’Alma”…), puis au XIXème, de courtes pièces au piano gardant, comme leurs cousines théâtrales, un caractère libre et improvisé : ceux de Schubert sont délicieux et sombres à la fois, ils se développent en effet comme par surprise d’un accord renouvelé, martelé, puis diffracté (avec une préférence pour l’interprétation de Schnabel, voir l’image). Mais ce qui nous a fasciné en travaillant l’impromptu de Molière, c’est de découvrir peu à peu que c’est le risque même que Molière place au coeur de son théâtre. Le Roi va venir : improvisons ! Pourquoi ? Parce que le Roi l’a demandé… parce que le Roi n’aime pas attendre… c’est le geste même du comédien devant son public qui est ici singé. Nous jouons devant le regard sans pitié du Roi-spectateur. Devant la corne du Taureau, dirait Michel Leiris. Mais justement, dans cet impératif catégorique là, nous nous permettons d’improviser. Parce que l’improvisation est le coeur vivant du théâtre : Molière, qui partageait le Palais Royal avec Scaramouche et les Italiens, le savait bien. Et que, n’en déplaise aux adorateurs du théâtre de texte, ronflant et soporifique, tellement français, l’improvisation est la pierre de touche de l’action dramatique, le gage de vérité émotionnelle de l’acteur. “Qu”on me laisse répéter, qu’on me laisse improviser !” : le cri final de Molière continue à nous interpeler. Aussi, il nous est vite apparu que l’on ne pouvait pas jouer l’Impromptu de Versailles… sans le trahir un peu, beaucoup, passionnément… à coup d’improvisations.

L’ImprOmptU : chronique de mise en scène #2

Molière et Louis XIV… On a beaucoup écrit et glosé sur les rapports entre notre dramaturge national et son souverain, qui fascinent, intriguent, et dont au fond, on ne sait pas tant de choses. La pensée du Grand Siècle, ici, bute sur un mystère qui hante l’écriture de Molière et les rêves de ceux qui s’essaient modestement (ou pas) à le mettre en scène. Qui était Jean-Baptiste Poquelin, aux yeux du souverain ? Son bouffon magnifique ? Son maître de cérémonie, responsable des fêtes somptueuses d’un Versailles naissant, avec Lully le musicien et Pierre Beauchamp le chorégraphe ? Son valet de chambre, à qui il aimait suggérer des idées de pièces au petit lever, susceptibles de ridiculiser les courtisans ? Une autre question nous démange tout autant : comment Molière voyait-il le Roi Soleil ? Comme un despote ? Comme un artiste ? Comme un client qui commande et paie des spectacles ? Comme un mécène indirect, le protégeant lui et sa troupe à travers son frère, “Monsieur” ? On rappellera quatre faits qui nous semblent ici éclairants. En 1661, soit deux ans avant “L’Impromptu de Versailles”, Louis suggère à Molière d’écrire une comédie sur les “fâcheux”, ou les importuns de la cour, ceux qu’on appellerait aujourd’hui vulgairement les emmerdeurs : ce sera la première comédie-ballet de l’Histoire, un genre qui va durer dix ans, avant de céder la place à l’opéra, un genre qui semble taillé sur mesure pour faire danser… le Roi. Selon une femme de chambre de Marie-Antoinette, vers 1665, le Roi fait manger Molière avec lui, devant ses courtisans, qui ne voulaient pas partager la table de celui qui “jouait la comédie”. En 1680, Louis XIV réunit la troupe du Palais-Royal (de Molière, mort en 1673) et de l’Hôtel de Bourgogne (ses ennemis acharnés dans “L’Impromptu”) pour former la Comédie française. Et enfin, une dernière anecdote : Louis XIV demanda un jour à Boileau quel était le plus grand écrivain de son règne. “Sire, c’est Molière.” Et que répondit notre monarque ? “Je ne l’aurais pas cru ; mais vous vous y connaissez mieux que moi.” Le Roi est là, toujours, dans les coulisses et sur la scène. Il finance la grande comédie de son temps, mais peut la faire cesser d’un geste. Molière, comme Schéhérazade face au sultan, ne demeure en grâce que par la force du rire et de la curiosité qu’il suscite.

Ingres, Louis XIV et Molière déjeunant à Versailles, 1837

Gérôme, Louis XIV et Molière, 1862

L’ImprOmptU : chronique de mise en scène #1

(désormais, un petit billet tous les deux jours sur la genèse du spectacle “L’ImprOmptU”, accompagné d’une image)…

Nous sommes en 1663. Molière a 41 ans, c’est un auteur et un comédien de plus en plus en vue à la cour. Mais avec “L’Ecole des femmes”, pour un grand nombre de courtisans et de religieux, il est allé trop loin. Une violente cabale commence à se déchaîner, à laquelle Molière décide de répondre dans la “Critique de l’école des femmes”, mettant en scène des spectateurs qui ont vu la pièce et en débattent. Mais ce texte ne fait que jeter de l’huile sur le feu, et voici Molière de nouveau attaqué de toutes parts. Comment réagir aux attaques les plus personnelles, les plus injustes ? Comment faire taire ses nombreux ennemis, sans perdre son âme, sans y perdre son art ? C’est tout l’enjeu de “L’Impromptu de Versailles”, une pièce où Molière va aller encore plus loin, en inventant une structure dramatique impossible, à la Piranese, à la Escher… venez la découvrir du 14 au 18 mai en Mounier ou le 21 au Lumen… !

 

le Grand Rangement de Printemps…

Notre stock de costumes de théâtre, riche d’environ 700 costumes, est très sollicité au quotidien et continue à augmenter au gré des dons. Nous organisons donc notre Grand Rangement de Printemps, il aura lieu en salle C-théâtre :mardi 26 mars 13h30-15h30, vendredi 29 mars 13h30-15h30 et jeudi 4 avril 13h30-15h30. Sur ces trois créneaux, je serai là pour accueillir les collègues et les élèves qui souhaiteraient nous aider, même une demi-heure ou une heure, à remettre de l’ordre dans le grand chaos artistique des costumes et des accessoires. Il y aura du thé, du café et des biscuits… Et si vous avez chez vous des vêtements, des costumes, des bibelots historiques ou exotiques, ou des vieux cadeaux de Noël inutiles, à donner, nous sommes preneurs, et vous pouvez les apporter à cette occasion… si vous jugez bien sûr qu’ils peuvent avoir un intérêt scénique… On fera le tri… En ce moment, nous recherchons en particulier : grandes plumes d’oiseaux et éventails. Merci d’avance !

David Jauzion-Graverolles

“Le théâtre est le désordre incarné et pour faire l’éloge du théâtre, il faut commencer par faire l’éloge du désordre.” Louis JOUVET